Famille
Le sexe, ce sont aussi les liens de sang. Le « Storgé » c’est l’amour filial, nos loyautés, notre attachement à nos familles, à nos ancêtres, à nos enfants. Une forme d’esprit de clan. J’entends « ouh là là, si tu parles de famille, ce n’est plus sexy » . Ok OK, j’ai toujours préféré faire l’amour à juste distance de papa maman, … et de mes enfants. Mais si tous nos aïeux n'avaient pas fait l'amour on ne serait pas là. En outre, avec ou sans explications, ils nous ont pétri de leurs « fais ci, fais ça » et surtout de leurs « fais pas ci, fais pas ça » passionnément mûris à l’aune de leurs délices, déceptions, trahisons, deuils, blessures, sursauts de sagesse.
A propos de sagesse –vis-à-vis du sexe mais aussi de l’argent, du pouvoir- si on a eu de la chance, ils nous ont aussi transmis un peu d’Agape, cet amour sincère et désintéressé, clef de notre confiance en nous à tous les âges. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, certes, car reconnaissons que ce n’a pas été simple pour eux non plus.
Papa, maman ... et nous voilà parents. Une vie entière suffit-elle pour saisir ce qui se passe à ce moment-là ? J'ai toujours aimé une petite phrase de Françoise Dolto, que je cite de mémoire: "l'enfant fait les parents, les grand parents, et non l'inverse". Chaque génération pousse ses racines dans le terreau de la précédente, selon une alchimie à laquelle somme toute, nous ne comprenons souvent pas grand chose. Mais est-ce vraiment grave ? Notre rôle est-il de comprendre ou simplement d'accepter ce cycle de la vie, de protéger, encourager, stimuler, cadrer, accompagner cette vie qui pousse à son tour ? Version père, version mère. La répartition des rôles n'a rien de gravé dans le marbre, mais je trouve que quand c'est possible, on n'est pas trop de deux pour ne rien oublier. D'autant que lorsque l'adolescent se prend à secouer nos cocotiers, à malmener nos principes éducatifs, nos propres racines en viennent parfois à se déchausser.
Ah oui, j'oubliais un truc. Si le couple se sépare, c'est top si on arrive à préserver un minimum le couple parental. Arriver à se soucier encore de ce que vit l'enfant, et encore mieux si on arrive à partager encore toute cette attention auprès de l'enfant. On n'y parvient pas toujours, c'est ballot. Mais quand y arrive, c'est quand même précieux pour l'enfant, vous ne trouvez pas ? Pas forcément plus cool, car lui même a tôt fait d'exploiter les failles entre ses ses parents et d'effacer le cadre. C'est pas cool, ça. Mais bon. Là encore, chacun fait comme il peut, et après une séparation de parents on est -au moins- trois. Personne ne décide tout seul.


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